En 2012, seule la moitié des cages aux normes
Une enquête confiée, fin 2008, par le CNPO, à l'Office de l'Elevage cerne les intentions des éleveurs français. À cette date, 6 élevages sur 10 avaient encore des cages conventionnelles. "Fin 2008, 70 % des éleveurs ont déclaré leur intention de se mettre aux normes d'ici 2012", explique Véronique Gonnier, du CNPO. "Deux éleveurs sur 10 pensent cesser leur activité". La moitié des bâtiments serait rénovée, 10 % serait reconstruit à neuf et 1/3 du parc serait retiré de l'activité œufs.
Vers quelle solution pensent s'orienter ceux vont se mettre aux normes ? "90 % feraient le choix de la cage aménagée, 8 % la production au sol ou en volière, et 1 % seulement choisirait le plein air", répond V. Gonnier. Ces résultats montrent l'évolution importante de la production d'œufs en France, au-delà de 2012, notamment si 1/3 du parc était retiré de l'activité. Mais qu'en est-il des autres pays européens ? John Newton, consultant du cabinet anglais ADAS, a réalisé un tour d'horizon européen, en contactant les producteurs, les organisations et les fabricants de matériel.
Allemagne et Pays-Bas pour l’alternatif
En Allemagne, 55 % de la production d'œufs est réalisée en cage contre 35 à 40 % en production alternative. Les Allemands vont plus loin que la Directive de 1999 car les cages conventionnelles ne sont autorisées que jusqu'en fin 2009. "Ils ont développé un type de cage différent avec plus de surface par poule et plus de hauteur. Seules ces cages enrichies (KGH) seraient autorisées". Certains distributeurs (dont Aldi et Lidl) ont dit qu'ils ne vendraient pas d'œufs issus de cages aménagées.
Aux Pays-Bas, on compte actuellement 46 % de poules en cage et 54 % en production alternative. "Avec les groupes de pression, influencés par la grande distribution, aucun supermarché ne veut de l'œuf en cage", précise J. Newton. Certains élevages, orientés vers l'exportation à destination de l'Allemagne, ont adopté la cage allemande KGH. La production au sol se développe. "On peut prévoir une réduction rapide de l'approvisionnement en œufs en cage au-delà de 2012".
Retard en Espagne et Pologne
En Espagne, plus de 90 % des pondeuses sont en cages conventionnelles. Les poules plein air augmenteraient mais pas au-delà de 5 % du marché. "D'ici 2012, 25 % des poules seraient en cages aménagées. Moins de la moitié de la production espagnole serait aux normes bien être à la date convenue".
En Pologne, la filière œufs s'est développée et modernisée, progressant de plus de 25 % depuis 1997. Plus de 90 % des poules sont en cage. On observe un effort important de rééquipement des bâtiments depuis 4 ans et 20 à 25 % des poules seraient en cages aménagées ou aménageables.
Globalement, dans les principaux pays producteurs, la conversion des cages conventionnelles ne concernera que la moitié des producteurs, en 2012. "La conversion totale est impossible, compte tenu de l'engagement financier nécessaire, des délais pour les autorisations et du manque de personnels pour construire et monter ces cages", estime John Newton.
Une période de transition
La Pologne aurait demandé un report de 4 ans à la Commission, qui est consciente des difficultés. "Un report semble difficile, car ce serait un mauvais signe pour la production européenne et une distorsion de concurrence vis à vis des éleveurs qui ont franchi le pas", souligne Christian Marinov, directeur du CNPO. "Il y a aura sans doute une période de transition et des solutions pragmatiques".
Le parc de bâtiments "aménagés" approvisionnera les GMS en œuf coquille. Par contre, pour les ovoproduits, les importations en provenance des pays tiers risquent d'augmenter. Quoi qu'il en soit les producteurs ont besoin de lisibilité avant d'investir. Monter des cages aménagées dans un bâtiment neuf coûte de 23 à 25 euros par poule, soit près de 2 millions d'euros pour un atelier moyen de 80 000 poules.
Pour en savoir +
Source : LE PAYSAN BRETON 07/11/2009 par Patrick Bégos