Mercredi 25 novembre 2009
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Après avoir plongé profondément depuis plus d'un an, poussant les agriculteurs dans la rue, le prix du lait remonte
comme un bouchon à la surface. Est-ce la fin de la crise ? Non, et ce pour plusieurs raisons. D'abord, le prix du lait n'en est pas un. Il ne concerne que quelques pour cent de la production
mondiale, celle qui franchit les continents sous forme de poudre ou de beurre. C'est la spécialité de la Nouvelle-Zélande, qui inonde les pays émergents de son lait en poudre.
Ensuite, il est d'une telle volatilité, comme beaucoup de matières premières agricoles, qu'il rend impossible toute
politique et tout investissement de long terme. On l'a vu en 2007, quand les agriculteurs français ont largement investi pour accroître leur production, se trouvant fort dépourvus quand les
marchés se sont violemment retournés six mois plus tard. Même chose pour l'Etat français qui, face à la hausse des prix, s'était dépêché de démanteler d'un coup le système complexe de fixation
des prix.
Enfin, l'Europe, déchirée entre Nord productiviste et Sud polyculturel, n'a aucun intérêt
à se lancer dans la bataille du bas de gamme qui se traduira inévitablement par un nouvel effondrement des prix. Le climat, la géographie et la densité de notre sous-continent militent pour une
industrie laitière plus segmentée. Il faut donc d'urgence profiter de l'embellie actuelle pour mettre au point un mécanisme de fixation des prix plus proche du marché réel que de celui de la
poudre de lait. Et, en France, poursuivre sur la voie de la restructuration inévitable de lafilière.
Source : LES ECHOS 25/11/09 par PHILIPPE ESCANDE
Par ANNE MARIE G
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Publié dans : LAIT
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