Lundi 3 août 2009
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La toxicogénomique*, méthode éthique et plus fiable que l’expérimentation animale, a
démontré les dangers pour la santé liés au bisphénol A. S’appuyant sur des données issues de tests sur les animaux, la France autorise toujours son emploi dans les plastiques à usage
alimentaire.
Le bisphénol A (BPA), produit chimique de synthèse dont 3 milliards de kilos sont produits par an, est utilisé pour fabriquer des plastiques présents dans les biberons les revêtements internes de
boîtes de conserves ou de boissons, les bouteilles et dans la fabrication d'autres matières plastiques.
Il s'en extrait spontanément au contact de l'eau, des détergents, des substances acides, des corps gras et des aliments en contact avec lui. Pratiquement tous les habitants des pays
industrialisés en ingèrent quotidiennement à leur insu et ont un taux d'imprégnation permanent élevé : les femmes plus que les hommes, les enfants jusqu'à 12 fois plus que les adultes. Si le BPA
n’a pas une toxicité aiguë chez l’humain, il pourrait avoir des effets nocifs catastrophiques sur notre santé à long et moyen termes.
Le BPA pourrait être à l’origine d’un prochain scandale sanitaire. Sa toxicité est démontrée par de nombreuses données scientifiques. Sa structure chimique est proche de celle du diéthyl
stilbestrol (DES), qui a provoqué des malformations génitales, des cancers, une baisse de la fertilité, des grossesses à risque, ... chez les filles et petites-filles de femmes ayant pris ce
médicament pendant leur grossesse.
Si le DES n'a été prescrit qu'à des femmes enceintes pendant 30 ans (200 000 en France), le BPA est présent dans le sang de la majorité de la population : il est donc susceptible d'affecter tous
les fœtus et les nourrissons ainsi que les adultes. Le BPA favorise le développement de cancers et de nombreuses affections : maladie de Parkinson, maladie d’Alzheimer, maladies
cardiovasculaires, diabète de type 2, infertilité masculine, malformations génitales... Il pourrait menacer la survie de l'espèce humaine en raison notamment de son impact sur la fertilité.
L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et l’Agence européenne de sécurité sanitaire autorisent toujours l’emploi du BPA en France et en Europe. Elles fondent leurs
décisions sur des données obtenues par l’expérimentation animale alors que les scientifiques savent qu'aucune espèce animale n'est un modèle biologique fiable pour une autre. One Voice souligne
que les experts de ces agences devraient prendre en considération les données obtenues sur des cellules humaines et non celles issues de l’expérimentation animale. Selon l'espèce utilisée, elles
peuvent fournir des résultats contradictoires et masquer des effets toxiques pour l'homme.
One Voice rappelle qu’une estimation fiable des dangers du BPA pour l’homme a été effectuée par des travaux sur des cellules humaines en culture par toxicogénomique par Antidote Europe,
association créée par des chercheurs issus du Centre national de la recherche scientifique, œuvrant pour une meilleure prévention en santé humaine. La toxicogénomique est une méthode éthique,
plus sûre et moins onéreuse que l’expérimentation animale. One Voice avait financé la démonstration de sa fiabilité par Antidote Europe en 2005.
Alors que le dossier du BPA est réexaminé par l’Afssa, One Voice s’associe à Antidote Europe pour demander à la France d’en interdire l’emploi et préserver ainsi la santé de la population. Cette
mesure a été prise par le Canada en 2008.
Source : OneVoice 2009-08-01 11:48:00
Par ANNE G
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Publié dans : EMBALLAGE
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