Actualité publiée hier Nutrition and Metabolisme
De nombreuses personnes ne comprennent pas toujours l'influence de la consommation de graisses pour leur santé. Pourtant les graisses saturées ou transformées participent de manière importante au
risque de maladies cardiovasculaires. La revue Annals of Nutrition and Metabolism vient de publier de nouvelles recommandations sur la consommation de graisses formulées par les 40
principales sociétés mondiales du secteur de la diététique, de la nutrition et de la santé. En conclusion, les experts réclament une information simple sur le contenu des produits alimentaires,
dont la teneur en énergie par portion mais également la qualité des graisses du produit.
Ce dossier publié dans la revue Annals of Nutrition and Metabolism est issu d’une réunion internationale réunissant 40 des principales sociétés du secteur de la diététique, de la nutrition et de
la santé, en provenance de 25 pays, sous les auspices de l'Union internationale des sciences de la nutrition (International Union of Nutrition Sciences) et la Fédération Mondiale du Cœur (World
Heart Federation). Cette réunion, intitulée « Health Significance of Fat Quality of the Diet » (Importance diététique de la qualité des graisses consommées), s'est tenue cette année à Barcelone
en Espagne. Les conclusions de cette réunion suggèrent que de nombreuses personnes ne comprennent pas toujours l'influence de la consommation de graisses pour leur santé. Si les graisses sont
souvent bannies d’un régime alimentaire sain et équilibré, pourtant, il existe de bonnes graisses, parfois même essentielles.
Prendre en compte la qualité des graisses consommées : Les spécialistes suggèrent des modifications simples du régime alimentaire, comme le remplacement des produits laitiers entiers
(par exemple les fromages gras) et des produits à base de viande par leurs équivalents allégés, et l'utilisation de graisses et d'huiles d'origine végétale riches en graisses essentielles (huile
de tournesol, huile de colza, huile de soja et produits fabriqués à partir de ces dernières, tels que les margarines) plutôt que la consommation de graisses d'origine animale (saindoux, beurre,
etc.).
Apporter des recommandations aux consommateurs pour mieux répondre aux besoins nutritionnels, prévenir le développement de maladies chroniques et favoriser le bien-être:
La quantité de graisse qui est un déterminant essentiel de l'apport énergétique doit être équilibrée avec les dépenses d'énergie de chacun. La qualité des matières grasses dans
l'alimentation est également importante pour la croissance et le développement, elle a un impact directe sur le taux de cholestérol et le développement de troubles cardiovasculaires ou d’AVC.
La consommation et la qualité des matières grasses dans l'alimentation doivent donc être adaptées à chaque période de la vie. Les experts réunis considèrent qu’à partir de 2 ans, les graisses
peuvent apporter 30 à 35 % des apports énergétiques quotidiens, mais les graisses saturées et les graisses transformées ne devraient pas représenter respectivement plus de 10% et 1% des
apports énergétiques quotidiens (On trouve les graisses saturées dans les produits laitiers, dans la charcuterie (graisses animales) l’huile de palme, les gâteaux, pâtisseries, frites).
Certains fabricants de produits alimentaires ont déjà réduit la teneur en graisses saturées et en graisses transformées dans les produits alimentaires mais les experts soulignent que des efforts
pour réduire encore sont nécessaires.
Quelques changements alimentaires simples, peuvent permettre d’obtenir un meilleur équilibre comme le passage aux produits laitiers à faible teneur en matières grasses, le remplacement des
viandes grasses par des viandes maigres et du poisson, et l'utilisation de graisses végétales plutôt que de graisses animales saturées dans les préparations et les produits alimentaires.
Ces petits changements peuvent déjà contribuer de façon significative à réduire le risque de maladies cardiovasculaires.
Une communication simple pour la prévention du risque de maladies cardiovasculaires : La nécessité -déjà soulignée par l’AFSSA- de fournir aux consommateurs des informations simples
sur le contenu des produits alimentaires, dont la teneur en énergie par portion mais également la qualité des graisses du produit, d’utiliser un langage simple pour communiquer avec le
public, en expliquant les différentes qualités de graisses et les limites de consommation recommandées a été soulignée par les experts présents. Dans cet objectif, les producteurs de produits
alimentaires doivent, eux aussi participer à l’éducation du consommateur. Les professionnels de santé devraient pouvoir –quitte à se former- également relayer les informations sur le choix
des graisses alimentaires, suggèrent les experts, pour contribuer à la prévention.
En Europe, une directive CEE régit l'étiquetage nutritionnel. Celui-ci reste facultatif, mais devient obligatoire dès lors qu'une allégation nutritionnelle figure sur l'emballage ou sur
une publicité relative au produit. Dans ce cas doivent figurer la valeur énergétique, la quantité de protéines, de glucides, de sucres, de lipides, d'acides gras saturés, de fibres alimentaires
et de sodium. L'étiquetage nutritionnel peut aussi inclure les quantités d'amidon, de polyols, d'acides gras mono-insaturés, d'acides gras
polyinsaturés, de cholestérol...
"Graisses et maladies chroniques", rappellent les experts, cela concerne les scientifiques, les professionnels de la santé, les gouvernements et les autorités sanitaires, les industries
agro-alimentaires, les médias et les…consommateurs.
Source : Business Wire, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 1er août 2009