D'expérience, les pays savent que l'impact économique des crises sanitaires n'est que rarement en relation avec la gravité médicale d'un virus. A titre de comparaison, la crise de la pneumonie
atypique (sras) en 2003 (800 morts) aurait coûté entre 0,6 et 2 points de PIB au continent asiatique, foyer de la maladie.
Sur le marché de la viande. Alors que les autorités sanitaires ont du mal à prévoir l'évolution du virus, les premières conséquences économiques ne tarderont pas à se faire
sentir. « Actuellement, une trentaine de pays ont fermé leurs frontières à l'importation de viande porcine », précise Jean-Paul Simier, spécialiste du commerce alimentaire. Or la viande de porc
représente aujourd'hui 40 % du commerce annuel mondial de viande, soit 24 milliards de dollars. « Ce nouvel épisode sanitaire pourrait évidemment entraîner une baisse des prix », poursuit
Jean-Paul Simier.
Pour lutter contre la maladie. Alors que la transmission par voie alimentaire est pour l'instant écartée, ce sont plutôt les aspects psychologiques et le principe de précaution
qui affecteront l'économie à très court terme. Selon un rapport de la Banque mondiale, les mesures mises en place pour éviter la propagation du virus ont plus d'impact que la pandémie. Ces
mesures représenteraient 60 % des coûts économiques totaux, contre seulement 12 % pour celles liées à la mortalité et 28 % pour celles liées à l'absentéisme et à la maladie.
Transports.
En attendant, les transports aériens et ferroviaires, les loisirs et les biens de consommation durable seront rapidement affectés.A titre d'exemple, le Club Med a
fermé son établissement de Cancun, au Mexique. L'évolution du virus au niveau mondial peut laisser présager la fermeture d'autres villages à risque, une situation problématique pour le
groupe.
Les mesures préventives de contrôle des passagers sur les vols ne seront pas neutres non plus. En mai 2003, au plus fort de la crise du sras, les compagnies aériennes européennes avaient
enregistré un recul de 6 % de leur trafic.
Source : LE FIGARO SANTE 29/07/2009