Il y a un an encore, les armateurs perdaient patience à cause des délais d’attente au large de Rotterdam. La crise a soudainement vidé les quais. La contraction est sans
équivalent au moins depuis le choc pétrolier de 1973.
Pour le premier semestre de 2009, les exportations s’en tirent pas trop mal (- 4.6% et
128 millions de tonnes). En revanche, les importations plongent (- 16.6%).
Représentant 35% du commerce de l’Europe du Nord et connecté à l’intérieur du Vieux
Continent via le Rhin, Rotterdam est la porte d’entrée et de sortie vers la côte est des Amériques (21% du trafic), et l’Asie (18% des échanges dont la moitié avec la Chine). Il
est en quelque sorte le pouls économique de l’Europe dont les pulsions donnent la mesure de la sévérité de l’impact de la crise sur le commerce international.
Les minerais et les ferrailles connaissent une véritable bérézina (- 61%) provoquée par la paralysie de la sidérurgie européenne à cause de l’arrêt des chaînes automobiles et du
chômage de l’industrie en général.
De façon assez inattendue car en principe l’alimentation échappe à la récession, les entrées de céréales destinées à nourrir l’homme et surtout le bétail se sont
effondrées de 19%. Ce recul est en partie redevable aux bonnes récoltes engrangées par les agriculteurs européens l’année dernière.
Le brut recule de 4%. Ce qui pourrait confirmer une tendance amorcée depuis plusieurs années : l’Europe semble atténuer sa dépendance envers le pétrole. A moins que... moins
de pétrole est entré via les Pays-Bas peut-être à cause des spéculateurs qui stockent le pétrole tablant sur une hausse à venir des cours.
Malgré un hiver exceptionnellement
long et rigoureux qui a obligé à allumer l’ensemble des centrales thermiques, les importations de charbon reculent de 28%. C’est une conséquence des déboires de la
sidérurgie.
Les automobiles perdent 14%, principalement à cause de l’effondrement du marché britannique.
Dans son ensemble, le cargo chute de plus d’un quart (-27%).
Après des années de vaches grasses, les containeurs entrent dans six mois maigres (- 15%).
Les ménages serrent les cordes de leurs bourses et les commandes de produits de grande consommation le payent.
Dans l'attente de la reprise, le port de Rotterdam poursuit ses travaux d'aggrandissement. Trois milliards d'euros sont investis pour accroitre les capacités de la zone portuaire qui est
aussi une des plus grandes zones industrielles d'Europe avec 250 000 emplois (photo Port of Rotterdam Authority).
L’Autorité portuaire de Rotterdam qui publie ces
résultats très mauvais table sur une stabilisation et espère une légère amélioration pour la deuxième moitié de 2009.
Source : Blog animé par Bruno Birolli, rédaction du Nouvel Observateur 29/07/2009