Une visite en abattoir est toujours bénéfique, pour observer l'état des carcasses et se
rendre compte des conséquences des choix génétiques et alimentaires. Dans le cadre du GIO (syndicat ovin et caprin) une vingtaine d'éleveurs ont ainsi parcouru la chaîne d'abattage de moutons de
l'abattoir SVA de Vitré. Cet abattoir abat en moyenne 3 500 agneaux/semaine. Ils proviennent des principaux groupements de producteurs de l'Ouest et de l'Est de la France. Ces abattages sont
complétés par des importations d'agneaux de Grande-Bretagne et d'Irlande.
"Les quatre abattoirs de SVA : Vitré, (bovins et ovins), Liffré (bovins), Trémorel (bovins et coches) et La Guerche (porc) font partie d'une filière qui se prolonge par les 4
usines de viande pré-emballée, réparties sur le territoire français (une à Janzé). La plus grosse partie de la viande est découpée et mise en barquette. Notre objectif est de livrer les GMS avant
9 heures du matin", explique Louis Rozé.
62 % des agneaux sous signe
de qualité
Pour le responsable de l'abattoir, la consommation de
viande de mouton est stable sur l'année. La demande porte sur des agneaux jeunes de moins de 6 mois. La filière met en avant l'agneau Presto avec des recettes faciles à préparer : des émincés,
des steacks, des mini-rôtis et des produits d'été comme les brochettes et les plateaux barbecue.
Dans cette démarche de qualité, les certifications CCP et Label occupent une place de choix. Au groupement Ovi-Ouest, la CCP SVA concerne 39 % des
agneaux abattus et les autres signes de qualité 23 % (label, bio, Mt St Michel et Belle-Ile). La part des agneaux standards ne cesse de baisser passant de 41 % en 2007 à 38 % en
2008.
Avec la plus-value de 0,30 euro du kg, voire 0,60 euro en fin
d'année, l'éleveur a intérêt à adhérer à cette démarche pour améliorer sa rentabilité. "Chez les éleveurs qui ont signé le cahier des charges, 82 % des agneaux sont présentés à la certification",
précise Alain Gouédard, conseiller ovin. L'âge est la principale cause de non-présentation : les agneaux doivent avoir moins de 6 mois. Une conduite d'élevage rigoureuse, une bonne gestion du
pâturage, la maîtrise du parasitisme et la conduite de la finition après sevrage doivent permettre de limiter le nombre d'agneaux trop vieux à la vente.
Qualité et quantité de gras
Globalement, dans ces élevages, le taux de certification a été en 2008 de 66 % contre 64 % en 2007.
Selon les élevages, le taux varie de 37 % à 96 %, ce qui montre les marges de progrès. "Plus d'un quart des carcasses ont un problème de qualité du gras de couverture (gras huileux, mou, jaune) à
ne pas confondre avec l'état d'engraissement (23 % des agneaux) qui lui s'attache à la quantité de gras sur la carcasse".
Les défauts de qualité de gras sont surtout observés sur les mâles élevés en bergerie alors que les
carcasses trop grasses concernent surtout les femelles. Les défauts de poids (au-delà de 20 kg) sont en régression en 2008. L'augmentation des coûts de production (aliments) a conduit certains
éleveurs à plus de vigilance. Les problèmes de conformation sont indépendants du sexe. La génétique et l'alimentation doivent permettre de réduire de manière significative l'apparition de ce
défaut fréquent en agneau d'herbe. Face aux carcasses abattues, les échanges entre éleveurs ont permis de clarifier ces éléments et leurs conséquences sur la rentabilité des
élevages.
e levier des aides
L'annonce du ré-équilibrage de la Pac, à hauteur de 160 millions d'euros permet de poser les jalons de
la production ovine de demain. L'amélioration de la compétitivité doit s'appuyer sur la progression des performances technico-économiques et notamment sur le niveau de productivité des élevages,
tout en maîtrisant les charges. Les mesures adoptées concernent les DPU dormants : 6 euros par brebis en 2009 et reconduits en 2010, intégrés dans les DPU. La prime à la brebis sera découplée et
intégrée dans les DPU après prélèvements de 12,5 %.
135 millions
d'euros seraient consacrés chaque année au financement d'une aide à la brebis et à la chèvre. Cette nouvelle prime de 20,80 euros/tête (modalités en discussion) est conçue pour être un levier en
terme de performances techniques et d'efficacité économique. Une nouvelle prime à l'herbe (modalités à préciser) sera mise en place avec un montant maximum de 76 euros/ha pour un chargement de
0,8 Ugb /ha (montant dégressif pour les ha suivants et les chargements inférieurs). Sur la même enveloppe, une prime aux fourrages de 20 euros/ha (fourrages annuels) serait aussi mise en
place.
http://www.paysan-breton.fr/article/9737/ovins--le-taux-de-certification-progresse.html
Source : LE PAYSAN BRETON 26/07/2009 par Patrick Bégos