Suite à la flambée du prix des matières premières observée depuis l'été 2007, le prix de
l'aliment a atteint un pic au 2nd trimestre 2008, grevant lourdement les charges alimentaires. En parallèle, le cours du porc est remonté en 2008 à son niveau de 2006, freiné par l'arrêt des
restitutions en août et la crise financière mondiale à l'automne.
Marges au plus bas
En 2008, en moyenne, les
élevages suivis en GTTT (Gestion Technique des Troupeaux de Truies) ont sevré 27,5 porcelets/truie productive/an, soit 0,5 porcelet de plus qu'en 2007. L'augmentation de la taille de portée à la
naissance (+ 0,1 né vivant), renforcée par la nette diminution des pertes en maternité (13,7%, soit - 0,3 point par rapport à 2007), contribue à améliorer la productivité au sevrage.
Cette dernière s'explique aussi par l'accélération du rythme de reproduction, principalement sous l'effet de l'augmentation du nombre d'élevages sevrant à moins de 28 jours. Au-delà , les taux de
pertes entre le sevrage et la vente ont poursuivi la réduction entamée en 2006. Les naisseurs-engraisseurs suivis en GTE (Gestion technico-économique) ont produit 21,8 porcs par truie présente et
par an en moyenne en 2008 (+ 0,6 porc en un
an).
Forts de cette productivité, et malgré un poids de vente de
115,4 kg, légèrement inférieur à celui de 2007 (- 0,4 kg), les élevages ont produit plus de kilos par truie en 2008 (+ 3%). Ils les ont mieux valorisés grâce à un TMP moyen en hausse de 0,1
point, Ã 60,2.
Le prix de vente des naisseurs-engraisseurs s'est
élevé à 1,412 euros/kg carcasse, en hausse de 11 % par rapport à 2007. Le prix de vente du porcelet des naisseurs (vente au sevrage) a conservé son niveau de 2007 (32,20 euros). Ces prix de vente
sont demeurés insuffisants pour couvrir l'augmentation des charges.
En effet, les prix des aliments consommés dans toutes les catégories d'élevage ont atteint des valeurs très élevées en 2008. Avec un prix de 253 euros/tonne et un indice de
consommation global stable (2,98 kg/kg), le coût alimentaire du kilo de croît des naisseurs-engraisseurs est monté en flèche, de 21 % en un an à 0,754 euros.
Au final, les marges sur coût alimentaire et renouvellement ont plongé en 2008 pour atteindre des
niveaux inférieurs à ceux de la crise de 2002-2003 : 716 euros/truie présente/an chez les naisseurs-engraisseurs (-16% par rapport à 2007), 271 euros/truie présente/an chez les naisseurs vente au
sevrage (- 20%), et 11 euros/porc entré chez les post-sevreurs engraisseurs (- 31%).
Coûts de revient au sommet
Les charges
alimentaires des élevages suivis en Tableau de Bord sont montées à 1 euro/kg carcasse pour les naisseurs-engraisseurs, 0,856 euro/kg carcasse pour les post-sevreurs-engraisseurs, et 17,40
euros/porcelet pour les naisseurs. La part du poste aliment dans le coût de revient a repris de l'importance, 66% du coût de revient des naisseurs-engraisseurs en 2008 contre 62% en 2007 et 58%
en 2006. Chez les post-sevreurs-engraisseurs, il représente 55% du coût total, contre 50% en 2007 et 45% en 2006. Chez les naisseurs-engraisseurs, les charges de main d'œuvre ont baissé en 2008
(- 6%), tout comme les amortissements (- 7%), signe des difficultés rencontrées par les éleveurs pour investir. Mais l'incidence sur le coût total de révolution des postes autres que
l'alimentation est restée très limitée.
total, les coûts de
revient atteignent des niveaux inégalés ces dernières années, 1,55 euros/kg carcasse
pour les naisseurs-engraisseurs et les post-sevreurs-engraisseurs, soit respectivement +11% et +8% par rapport aux coûts déjà très élevés de 2007. Pour les naisseurs vente au
sevrage, il s'élève à 41,10 euros/porcelet (+8%). Les pertes subies par les éleveurs en 2008 sont plus conséquentes que celles déjà endurées en 2007.
Déjà peu élevé en 2007, le revenu de l'éleveur a fortement chuté en 2008 (- 75% pour les
naisseurs-engraisseurs), avec une rentabilité économique largement négative pour toutes les activités. La situation financière des élevages n'en finit plus de se
dégrader.
L'année 2009 s'annonce plus clémente, avec un coût de
revient plus bas, suite à la baisse du prix des matières premières. Le prix du porc ne devrait pas dépasser celui de 2008, autour de 1,40 euros/ kg carcasse, malgré la baisse attendue de la
production européenne, à cause du recul de la demande. Il est indispensable de voir enfin le prix du porc dépasser sensiblement le coût de revient pour permettre aux éleveurs les plus endettés de
refaire surface, et à l'ensemble des éleveurs de réaliser dans leurs élevages les investissements indispensables au maintien de leur activité à plus long
terme.
Un manque à gagner de 254 e /
truie
Pour les naisseurs-engraisseurs, la perte nette s'élève Ã
0,138 euro/kg de carcasse, soit un manque à gagner de 254 euros/truie présente/an. Seuls des éleveurs avec un coût de revient très faible réussissent en moyenne à dégager un résultat à peine
positif sur l'année (0,033 euro/kg carcasse en moyenne pour le tiers supérieur). Les post-sevreurs-engraisseurs connaissent une perte similaire, à 0,137 euro/kg carcasse. Quant aux naisseurs
vente au sevrage, la perte atteint 8,80 euros/porcelet, et même le tiers supérieur des éleveurs de cette catégorie obtient un résultat négatif sur l'année (-4,5 euros/porcelet).
Source Ifip 26/07/2009