Une étude, présentée dans la revue Animal, confirme que sur le plan des performances
zootechniques et au niveau des qualités des carcasses et des viandes, l’immunocastration est une alternative intéressante à la castration chirurgicale des porcs.
L'objectif d’une
étude helvético-irlandaise était de comparer les performances de croissance, les caractéristiques de carcasses, la qualité des viandes et la composition en acides gras du tissu adipeux de porcs
mâles castrés, de verrats immunocastrés et de mâles entiers. De plus, l'effet des conditions de logement des mâles entiers sur ces paramètres a également été évalué.
52 porcs Large White suisses ont été répartis en quatre groupes expérimentaux : castrats, verrats immunocastrés (deux traitements immunocastrateurs appliqués à un poids vif moyen de 22,6 et
73,0 kg), mâles entiers élevés en cases collectives et mâles entiers élevés en cases individuelles.
Dans une première expérience, les effets de la méthode de castration ont été étudiés. Dans une seconde expérience, ce sont les effets des conditions de logement des mâles entiers qui ont été
évalués.
Dans la première expérience, le gain moyen quotidien (GMQ) n'a pas été significativement différent entre les groupes expérimentaux. Cependant, les mâles entiers ont consommé moins d’aliments et
ont obtenus un meilleur taux de conversion alimentaire que les mâles castrés alors que les porcs immunocastrés présentaient des valeurs intermédiaires.
Les mâles entiers ont eu un taux de viande maigre inférieurs aux mâles castrés. De même, les mâles
immunocastrés ont eu des valeurs de taux de viande maigre intermédiaires. Les teneurs en androsténone et scatole étaient plus élevés dans les tissus adipeux des mâles entiers que des mâles
castrés. Pour ces critères aussi, les valeurs des porcs immunocastrés étaient intermédiaires. En ce qui concerne la force de cisaillement dans le Longissimus, les valeurs ont été plus
élevées chez les porcs castrés et entiers comparativement aux porcs immunocastrés.
Les porcs entiers ont présenté les teneurs en acides gras saturés dans le tissu adipeux les plus faibles et les teneurs en acides gras polyinsaturés les plus élevés. Les porcs
castrés ont présenté des valeurs opposés (teneurs en acides gras saturés les plus élevées et teneurs en acides gras polyinsaturés les plus faibles). Les porcs immunocastrés ont présentés, une
fois de plus, des valeurs intermédiaires.
Dans la seconde
expérience, le GMQ n'a pas été significativement différent entre les porcs logés collectivement et les porcs logés individuellement. Toutefois, les porcs logés individuellement ont consommé plus
d'aliments et ont eu une moins bonne efficacité alimentaire.
En
combinant les données des mâles entiers élevés collectivement et individuellement, 15% des mâles ont eu des teneurs en androsténone supérieures au seuil sensoriel (1,0 mg/g de tissus adipeux) et
31% ont présenté des teneurs en scatole supérieures au seuil sensoriel (0,16 mg/g de tissus adipeux). Les conditions d'élevage n'ont pas eu d'incidence sur les teneurs en androsténone et en
scatole dans les tissus adipeux. Ainsi, le nombre de mâles entiers ayant des concentrations d’androsténone et de scatole supérieurs aux seuils sensoriels était égal dans les deux groupes
expérimentaux.
Selon les auteurs, cette étude confirme que les
teneurs en scatole et androsténone peuvent être contrôlées efficacement grâce à l’immunocastration. Au contraire, le risque d’odeur de verrat reste élevé chez les porcs mâles entiers. Ainsi,
l’immunocastration offrirait une solution de rechange fiable pour remplacer la castration chirurgicale et produire de la viande exempte d’odeur de verrat.
Contact : Giuseppe Bee - Agroscope Liebefeld-Posieux - Research Station ALP - La Tioleyre 4 -Posieux 1725 Suisse -Courriel : giuseppe.bee@alp.admin.ch
source : Ce communiqué a été rédigé à partir de l’article :
« Growth performance, carcass characteristics and meat quality of
group-penned surgically castrated, immunocastrated (Improvac®) and entire male pigs and individually penned entire male
pigs » ; C. Pauly, P. Spring, J.V. O’Doherty, S.
Ampuero Kragten, G. Bee ; Animal (2009), Vol. 3, Issue 7, p. 1057-1066
liste de diffusion VIGIE VIANDE est une initiative de 9 partenaires :
INTERBEV, Office de l’Elevage, INAPORC, INRA, IFIP, ITAVI, Institut de l'Elevage, CTCPA, et ADIV. Rédaction : Laurent
Meunier