Wonderpoule sillonne les routes de France pour informer sur les conditions de vie
déplorables des poules élevées en cage.
Rencontre avec un des visages qui se cache derrière le masque : Johanne Mielcarek, chargée des campagnes pour l’association de Protection mondiale des animaux de ferme
(PMAF).
Expliquez-nous le travail qu’accomplit chaque jour votre
association.
Johanne MIELCAREK : «Nous faisons en sorte d’informer le grand public du mode d’élevage des poules pondeuses. Savez-vous qu’en France, 80 % des poules sont élevées en cages grillagées ? La
superficie de ces cages n’excède pas une feuille de papier A4 ! Toute la vie d’une poule se passe dans 550 m2, et dans l’obscurité. Sans compter qu’elles sont poussées à la limite de ce qu’elles
peuvent pondre, soit 300 œufs par an, deux fois plus qu’il y a cinquante ans.»
L’élevage en plein air constitue la solution ?
«Absolument, face aux conditions de vie extrêmes que représente l’élevage en cage, le plein air est bien plus
respectueux des animaux. Les poules vivent leur vie en journée, et regagnent les bâtiments le soir. Des études scientifiques ont clairement montré que l’élevage en cage est inacceptable. Une
réglementation a d’ailleurs été prise en 1999, qui entrera en vigueur en 2012, pour mettre un frein à cette façon de faire. Malheureusement, c’est juste un arbre qui cache la forêt. Les poules
auront droit à une cage plus grande de la taille d’une carte postale, à un perchoir, mais toujours dans le noir.»
Pourquoi avoir choisi un jour de marché pour faire passer votre message ?
«Pour les œufs ! Chaque boîte est censée stipuler s’ils sont
issus d’élevages en plein air ou en cage. Or, sur le marché, ils sont vendus en vrac. Le seul moyen de savoir, c’est de lire le numéro sur la coquille. Nous apprenons donc aux gens à lire ce code
: 0 pour les œufs de poules élevées en plein air (agriculture biologique), 1 pour l’élevage en plein air, 2 pour l’élevage au sol et 3 pour l’élevage en cage. Il n’y a pas de risque pour
l’humain, qui peut consommer les uns ou les autres indifféremment. Il y en a par contre pour les poules. Nous essayons aussi par ailleurs de convertir les supermarchés, mais contrairement à la
Belgique, le Luxembourg, la Suisse, l’Allemagne ou encore l’Autriche, la France freine des quatre fers.»
Protection mondiale des animaux de ferme, 8 ter en Chandellerue, Metz ; tél. : 03 87 36 46 05.
Source :Le Républicain Lorrain - metz,Meurthe-et-Moselle,Meuse,Moselle,Vosges,France 26/07/2009