La canicule donne de la chair de poule aux prix des viandes
blanches.
La canicule qui sévit actuellement à travers le pays a
porté un coup terrible aux poulaillers, faisant des dégâts considérables dans le secteur avicole. Les mortalités ont atteint jusqu’à 60% pour les élevages sous-équipés situés dans la région entre
Kénitra et El Jadida. L’importance des dégâts se traduira par un impact similaire sur les prix, nous assure Abderrahman Riad, secrétaire général de l’Association des producteurs de la viande de
volaille.
C’est un coup de chaleur historique qu’on a connu depuis
lundi 20 juillet 2009. Cette affirmation est d’Abderrahman Riad, qui assure que depuis 2003, le secteur avicole n’a pas connu une vague de chaleur similaire.
La Fédération interprofessionnelle du secteur avicole a rendu public un communiqué qui fait le point sur
l’ampleur des dégâts où les mortalités ont été jugées élevées au niveau des élevages de poulet de chair, de dindes, de reproducteurs et de poules pondeurs. L’ampleur des dégâts ne manquera pas de
provoquer des hausses de prix, assure M. Riad.
Selon les
informations de la Fisa, le taux de mortalité dans l'élevage des poulets de chair varie entre 10 et 25%. Dans certains cas extrêmes, ce taux atteint 60% pour les élevages sous-équipés et situés
sur l’axe Kénitra-El Jadida.
Toujours dans ce segment, la Fisa
estime le taux de mortalité dans la région de Souss-Massa entre 35 et 40%, notamment à Tiznit, Taroudant et Chatouka Aït Baha.
La vague de chaleur n'a pas épargné l'élevage des pondeuses d'œufs de consommation. Là encore, la
mortalité a varié entre 5 et 10% avec des baisses de ponte atteignant 20%. Idem pour l'élevage de reproducteurs où le taux de mortalité oscille entre 2 et 5% et le taux de perte de fertilité a
été de 15%.
Le bilan des dégâts établis par la Fisa ne constitue
qu’une première appréciation de la situation, effectué après recoupement des données des différents intervenant, précise M. Abderrahaman Riad qui souligne qu’une appréciation plus détaillée, qui
ne sera possible que dans 3 à 4 jours, devra prendre en compte les pertes de performances occasionnées par le stresse extrême des volailles et qui devra se traduire par la perte de
poids.
Les pertes d’exploitation pour les opérateurs et la
faiblesse de l’offre de viandes et des œufs, pouvant se traduire par une hausse «vertigineuse» des prix sont les principaux problèmes soulignés par les professionnels rassemblés dans le cadre de
la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole.
Aussi, la
Fisa n’a pas manqué d’attirer l’attention de l’autorité publique sur un aspect particulier du problème. Il s’agit de la dégradation de l’état sanitaire de l’environnement. En effet, la Fisa
interpelle les autorités en vue de prendre les dispositions pour le traitement des cadavres en fixant des lieux communs pour la centralisation et l’enfouissement des cadavres pour éviter le
risque de la décomposition rapide des cadavres pouvant provoquer de véritables foyers de bactéries et des risques d'infection et d’allergies.
En réaction à cet appel, le ministère de l’Agriculture a renforcé son dispositif de veille sanitaire, au
profit du secteur avicole, à travers deux actions phares en vue de maîtriser l’impact de la canicule.
Selon un communiqué du ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime, la première action porte sur la surveillance sanitaire des élevages à
travers les services vétérinaires du ministère et les vétérinaires privés mandatés par le gouvernement.
La deuxième action concerne la mise en place d’un dispositif d’enfouissement des cadavres suivant les règles d’hygiène les plus strictes afin de
préserver l’environnement et l’état sanitaire des élevages avoisinants.
Une cellule de suivi a également été mise en place, en coordination avec le ministère de l’Intérieur, pour assurer la veille sanitaire et le traitement des données relatives au
secteur pendant cette période sensible.
http://www.albayane.ma/def.asp?codelangue=23&id_info=154055
source : ALBAYNE ma 23/07/2009 par Hassan Benkabli