Le géant pétrolier a particulièrement insisté sur le fait que ce revirement stratégique ne
remet pas en cause son engagement dans la recherche d’énergies alternatives et de biocarburants. Pour appuyer ce discours, le groupe a annoncé qu’il comptait se concentrer sur l’éthanol de cannes
à sucre au Brésil, l’éthanol lignocellulosique aux Etats-Unis et le bio-buthanol. Pour autant, aucun investissement chiffré n’a été évoqué à l’heure actuelle.
Si BP n’avance pas de raison financière à ce repositionnement et n’envisage pas de réduction du budget de sa filiale BP Alternative Energy, certains chiffres poussent tout de même à envisager la
possibilité d’économies sur le secteur des énergies nouvelles.
En effet, en arrêtant cette coentreprise avec D1 Oils et les travaux sur la Jatropha, GP stoppe du même coup un investissement qui devait atteindre 160 millions sur 5 ans. Une goutte d’eau pour
un groupe de cette importance, mais que l’on espère voir réinvestie dans BP Alternative Energy et les démarches de développement durable. Les attentes sont d’autant plus grandes que BP est encore
loin du budget promis à sa filiale. Pour l’instant BP Alternative Energy n’a reçu que 2.9 milliards en 4 ans sur les 8 milliards promis d’ici à 2015.
Au-delà de la question financière, l’explication concernant l’abandon des travaux sur la Japhora ne satisfait pas complètement. Nombreux sont ceux qui croient beacoup en cette plante qui
permettrait la création d’un biocarburant de seconde génération (issu d’une plante non comestible). Les expériences sur le sujet continuent d’ailleurs d’être menées. Dès lors, cette décision
d’arrêter les travaux pour raisons stratégiques interroge. Pourquoi mettre un terme à un projet dont on ne remet pas en cause la viabilité ?
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