PARIS - L'organisme chargé de gérer les stocks de médicaments pour parer à une éventuelle
pandémie, l'Eprus, doit "faire beaucoup de progrès pour démontrer son efficacité", estime le sénateur Jean-Jacques Jégou, alors que le nouveau virus A(H1N1) ne cesse de se
propager.
Dans son rapport présenté mercredi à la presse, le
sénateur du Val-de-Marne ne préconise pas la suppression de l'Eprus, mais pointe certains dysfonctionnements: dispersion et hétérogénéité des sites de stockage, faiblesses de l'outil
informatique, incertitudes soulevées par l'arrivée à péremption d'une partie du stock. Il déplore aussi "son faible degré, voire son absence d'autonomie".
L'Eprus (Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires) a été créé en 2007 pour
pallier les difficultés rencontrées par le ministère de la Santé dans la gestion du stock des produits de santé, constitué en 2001 pour faire face à une éventuelle attaque terroriste ou pandémie
grippale.
La valeur du stock géré par l'Eprus est estimée à 845
millions d'euros, incluant 33 millions d'antiviraux, 1 milliard de masques chirurgicaux et 537 millions de masques de protection FFP2.
Il est réparti sur 72 sites. Une dispersion qui "pose le problème du suivi de la gestion du stock et des
conditions de conservation", selon M. Jégou, qui dit avoir vu du Tamiflu stocké en pleine chaleur "sous des toits de fibrociment".
Se pose surtout la question des produits dont la date de validité est dépassée. C'est le cas de la
moitié du stock de masques FFP2, pourtant encore utilisables, selon M. Jégou. Une partie du stock de médicaments est aussi concernée.
Le directeur général de la Santé Didier Houssin avait précisé le 1er mai que les stocks d'antiviraux
comprenaient 9 millions de traitements de Relenza, 24 millions de traitements de Tamiflu en poudre, et 9 millions de traitements de Tamiflu en gélules. Sur ces neuf millions, "de l'ordre de 1 à
1,5 million a atteint la date de péremption", avait-il indiqué.
M.
Jégou a déploré qu'une "décision politique" sur la validité des antiviraux en principe périmés, mais encore efficaces, n'ait pas encore été prise.
Il préconise la création d'un statut particulier pour ces médicaments, afin qu'ils ne portent plus de
date de péremption, mais seulement la date de leur fabrication.
L'Eprus risque fort d'être "soumis à l'épreuve de feu" dès l'automne si le nouveau virus A(H1N1) touche un grand nombre de Français, comme le redoutent experts et autorités
sanitaires, a souligné M. Jégou.
"Il ne s'agit pas de susciter
l'inquiétude", a pour sa part déclaré Jean Arthuis, président de la Commission des finances du Sénat.
"La France est assez bien préparée à faire face à la pandémie grippale", a-t-il dit. "Maintenant, du fait d'imperfections d'organisation et de
fonctionnement, le coût budgétaire risque d'être supérieur à ce qu'il aurait pu être si le dispositif avait été parfaitement coordonné et réglé", a-t-il estimé.
source : AFP / 22 juillet 2009 15h57