Jeudi 25 juin 2009
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un communiqué commun au site guérir.fr et au WWF, publié
mardi 23 juin, met en avant les effets néfastes liés à la qualité de l'eau sur les personnes affaiblies, notamment quand elles sont atteintes de cancer.Le docteur David Servan-Schreiber, entouré
d'un comité de vingt scientifiques et du WWF-France, a entrepris une étude portant sur les risques éventuels liés à la qualité de l'eau du robinet pour les malades du cancer. Ayant pour objectif
d'établir un état des lieux, l'étude vise également à prévenir les personnes fragilisées ; car, sans être alarmiste, le résultat reste préoccupant. Elle souligne notamment certaines inégalités
territoriales et financières en matière de qualité de l'eau. Aussi, dans le texte, est-il conseillé "aux personnes malades du cancer ou qui sont passées par la maladie de ne boire quotidiennement
de l'eau du robinet que si elles sont sûres de sa qualité et, sinon, de s'équiper d'un filtre de qualité, ou de boire de l'eau en bouteille".
Michel Marty, président d'Eurocancer, ne semble pas d'accord sur un point : les personnes qui ont été atteintes d'un cancer ne courent aucun
danger. Il souligne que "les seules données validées qui puissent nuire à leur santé sont le tabac et l'alcool". Pour le reste, selon le professeur Marty, rien n'est nouveau : "La présence de
pesticides ou autres dans l'eau est un phénomène connu par tout le monde, c'est la raison pour laquelle effectivement, il a toujours été déconseillé aux malades, aux nourrissons et aux femmes
enceintes, de boire de l'eau du robinet de mauvaise qualité."
La qualité de l'eau varie selon les
régions
"Bien que l'eau du robinet soit en général de bonne qualité en France, celle-ci peut varier selon les régions
et selon les périodes de l'année, et notamment en raison de l'activité agricole", explique David Servan-Schreiber. Il semblerait que les problèmes de la qualité de l'eau soient bien antérieurs à
cette étude. En 2005 déjà, un bilan du ministère de la Santé avait relevé, chez plus de 5 millions de Français, une présence d'engrais excédant les normes de qualité reconnues.
L'eau du robinet provient des nappes phréatiques ou des rivières, comment se fait-il qu'on y retrouve du nitrate et des pesticides ? La
réponse est simple. Il est principalement question de financement. Les grandes villes trouvent facilement les moyens de payer des stations de traitement de l'eau - telles Veolia, Suez ou autres -
qui mettent en oeuvre des techniques pour éliminer les bactéries, les nitrates ou pesticides. Seulement, les petites communes ne peuvent se permettre de telles aides. La seule mesure qui leur
soit accessible : la protection de la zone de captage, puisqu'elle est prise en charge automatiquement par la commune.
L'eau des nappes phréatiques et des rivières contaminée à plus de 65 %
Autre problème apparent : la
France est la quatrième plus grande consommatrice de pesticides au monde, malgré la relative modestie de son territoire. De fait, l'eau des nappes phréatiques et des rivières se retrouve à plus
de 65 % contaminée, ce qui complique fortement le processus. Cyrille Deshayes, responsable du programme "Eaux douces" de WWF-France, accuse timidement "certains agriculteurs d'utiliser
illégalement des molécules toxiques - certains types de pesticides - qui finissent par empoisonner l'eau". En bref, il s'agirait, selon lui, de "fraude". Enfin vient la présence de dérivés
médicamenteux. Un phénomène qui déclenche une difficulté autre : celle du traitement des rejets des centres de soins médicaux. Les normes de qualité ne sont pas assez évoluées pour actuellement
apporter des solutions.
Au vu de ce constat inquiétant, le docteur Servan-Schreiber propose certaines solutions,
"réduire au maximum la consommation de pesticides", et "augmenter l'agriculture bio, afin d'aider les zones de captage". Mais cela ne suffit pas. Les solutions doivent pouvoir être à la portée du
grand public. Aussi, pour amoindrir les risques, les mairies se doivent-elles d'afficher les résultats de la qualité de l'eau, une information particulièrement bien mise en avant selon le
professeur Marty. Si ceux-ci ne sont pas conformes aux normes, les personnes sont invitées à boire de l'eau minérale ou à utiliser des filtres. Dernière recommandation : tester individuellement
son eau à l'aide de kits dénommés Secur'eau , sur lesquels les taux des normes sont indiqués. Même si l'alarmisme ne semble pas de mise, les spécialistes appellent à la vigilance. Nécessité d'une
vigilance qui, comme le rappelle le président d'Eurocancer, ne date pas d'aujourd'hui.
http://www.lepoint.fr/actualites-sciences-sante/2009-06-24/en-cas-de-cancer-l-eau-du-robinet-est-a-eviter/919/0/355208
source : 24/06/2009 à 17:46 Le Point.fr