L'industrie laitière française a de légitimes
raisons de s'inquiéter. Ses concurrents néeerlandais, Campina et Friesland, se marient. Immédiatement après avoir obtenu l'aval de la Commission européenne, les deux
grandes coopératives laitières néerlandaises, Campina et Friesland Foods, viennent de confirmer leur intention de fusionner. Objectif clairement affiché : mieux faire face aux
bouleversements attendus dans le secteur à l'horizon 2015, avec la fin des quotas.
Bruxelles, qui n'a de cesse d'appeler les agriculteurs à mieux s'organiser pour peser face à la grande distribution, n'a pas contrecarré ce rapprochement. Pourtant, cette concentration était dans
un premier temps jugée«incompatible avec le marché commun», révèle un rapport préliminaire confidentiel rédigé par le gendarme de la
concurrence.
Il faut dire que les 17 000 adhérents de la coopérative détiendront désormais près de 75 % de parts de marché aux Pays-Bas. Une confortable base arrière qui les rendra encore plus
redoutables partout dans le monde. FrieslandCampina - nom choisi pour la nouvelle entité - va talonner les groupes privés français Lactalis et Danone, sans toutefois se hisser au niveau du leader
mondial Nestlé. Elle sera présente en Asie, au Moyen-Orient et sur l'ensemble du continent américain.
Inquiets, les milieux professionnels français pensent«le plus grand mal»de ce nouveau mastodonte. Que ce soit aux Pays-Bas ou au Danemark (avec la
coopérative Arla),«la Commission montre que cela ne la gêne pas de mettre un groupe en situation
de quasi-monopole»,dénonce une lobbyiste française. Celle-ci dit ne pas comprendre
pourquoi Bruxelles refuse aux Français le droit de se«concerter»sur le prix du lait :« La Commission fait deux poids, deux mesures. Car, lorsque l'on détient
80% du marché, il est évident que l'on a besoin de s'entendre avec personne
pour fixer les prix.»Luc VERNET.
Source : OUEST France 22/12/2008
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